Reforme du FCFA, pour des intellectuels africains dont Koulibaly, il est prématuré de crier victoire

Le passage du FCFA à l’ECO continue de faire débat sur le continent.

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Le passage du FCFA à l’ECO continue de faire débat sur le continent. Un collectif d’intellectuels africains, dont les ivoiriens, Mamadou Koulibaly, Mme Véronique Tadjo, le professeur Adama Samaké, émettent des réserves dans une déclaration depuis Dakar au Sénégal.


D’entrée, ils rappellent que, les prévues sont les suivantes : le franc CFA de l’Afrique de l’ouest sera renommé ECO ; la Banque centrale des États de l’Afrique de l’ouest (BCEAO) ne sera plus dans l’obligation de déposer ses réserves de change auprès du Trésor français ; la France n’aura plus de représentants au sein des organes de la BCEAO et de relever :


« « Il serait cependant prématuré de crier victoire. Si certains symboles gênants, associés au franc CFA, vont disparaître, les liens de subordination monétaire sur le plan légal et sur le plan de la conduite de la politique monétaire restent en place », relèvent-ils.



Mamadou Koulibaly et ses amis notent que, la France maintient toujours le rôle officiel de garant. Ensuite, la Banque de France abrite toujours l’essentiel du stock d’or monétaire des pays de l’UEMOA. Enfin, la parité du franc CFA vis-à-vis de l’euro est toujours maintenue.


« Ce qui est une façon non seulement d’accorder une préférence commerciale à la zone euro mais également de soumettre la politique monétaire des pays de l’UEMOA à celle de la Banque centrale européenne (BCE) », soutiennent ces intellectuels.


Les intellectuels africains réaffirment que la question de la monnaie est fondamentalement politique et que la réponse ne peut être principalement technique.


« Instrument et symbole de souveraineté, la monnaie doit être l’émanation des aspirations profondes des peuples d’Afrique qui doivent être en permanence associés aux processus en cours. A cet égard, nous sommes d’avis que les critères de convergence ne constituent pas une approche appropriée. Ils doivent être revus et éventuellement remplacés par des indicateurs de nature plus politique prenant en compte les défis de l’heure : l’industrialisation, l’autonomisation des producteurs locaux, la compétitivité des entreprises nationales de la zone CEDEAO, le plein emploi et la transformation écologique. Si nous aspirons à une souveraineté économique et monétaire de la CEDEAO, c’est parce qu’elle est la voie royale pour mettre fin à l’extraversion économique, à l’endettement en devises étrangères, aux flux financiers illicites et aux autres facteurs contribuant à des formes de croissance économique non inclusive », ont conclu Koulibaly et le groupe d’intellectuels africains.